..j'ai vu sa maladie évoluer, le ronger, l'abaisser, ce fier homme, mari et père, venant d'un pays qui a voulu sa perte..
..j'ai souvent eu mal de le voir souffrir, de voir les amputations, les tuyaux, les piqures et médicaments. Mais je gardais le sourire dans sa direction, dans la direction de ma grand mère et ma mère, pour leur dire "on a encore du temps" ..
..ce n'est pas facile quand on vous confie que l'on veut partir avant l'heure, car la vie de tous les jours est trop difficile à supporter..donc vous réconfortez comme vous pouvez, comme on vous a réconforté étant enfant..chacun à son tour..
.."on a encore du temps" pour ne pas savoir où j'en suis dans ma vie, d'être insultée, rabaissée, menacée d'être frappée ou tuée..ok, je n'ai pas dit tout de suite mes sentiments, car je n'aime pas blesser..
..et voilà l'heure, le matin, avec mes deux petites soeurs, il faut dire au revoir à papy..il ne bouge plus, ne respire plus.....................................................on dirait qu'il a souffert jusqu'à la fin................................je ne décrirais pas plus............................................................il faut rejoindre le reste de la famille..mon oncle, fier comme son père..ma mère que je ne reconnais pas..quelque chose d'inconcevable jusqu'alors, celle qui nous a mise au monde..elle n'est plus elle..et ma grand mère, que je n'ose serrer dans mes bras, de peur de tomber de chagrin au sol avec elle, car je ne sens plus aucune force à ce moment là..ce sera mon beau frère qui l'aide à rester debout..
voilà, une photo une semaine plus tard, au sommet de la ville qui a accueilli mon grand père, proche de Marie, à laquelle il croyait, debout, pour lui rendre hommage..


